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Points clés à retenir
- Tchernobyl est fermé aux touristes depuis l’invasion russe de février 2022
- Une frappe de drone a touché le site le 14 février 2025
- La zone d’exclusion couvre environ 2 200 km² côté ukrainien
- Avant 2022, jusqu’à 30 000 visiteurs par an s’y rendaient depuis Kiev
- Documentaires et musées restent les seules alternatives actuelles
Peut-on visiter Tchernobyl aujourd’hui
Non, on ne peut plus visiter Tchernobyl depuis l’invasion russe de février 2022. La zone d’exclusion, ouverte au tourisme pendant plus d’une décennie, est fermée aux civils depuis que les troupes russes ont occupé le site dans les premiers jours de la guerre.
Le 14 février 2025, une frappe de drone a touché une zone proche du réacteur détruit, selon Justice Info. Cet événement a définitivement enterré tout espoir de réouverture rapide et rappelé que le site reste sous menace militaire directe, pas seulement sous surveillance administrative.
La zone est aujourd’hui militarisée : barbelés renforcés, mines antipersonnel signalées dans certains secteurs, blocs de béton disposés aux points de passage. Ce paysage n’a plus rien à voir avec les checkpoints tranquilles décrits par les guides touristiques d’avant-guerre.
Seules de rares dérogations subsistent, accordées à des journalistes accrédités et au personnel technique chargé de la maintenance du sarcophage. Le tourisme, lui, est à l’arrêt complet — et rien n’indique qu’il puisse reprendre tant que le conflit dure.
Ouvrir l’infographie en grandPourquoi Tchernobyl attirait autant de visiteurs avant 2022
La zone d’exclusion s’était ouverte progressivement au tourisme à partir de 2010. Le phénomène a pris une ampleur inattendue : jusqu’à 30 000 visiteurs par an selon Generation Voyage, venus du monde entier pour arpenter un territoire figé depuis la catastrophe de 1986.
Cet engouement tenait à la curiosité pour une zone où l’histoire s’est brutalement interrompue. Les immeubles vides, les objets laissés sur place, la nature qui recolonise les rues : tout cela composait un décor qu’on ne trouve nulle part ailleurs.
La série télévisée consacrée à l’accident, diffusée en 2019, a démultiplié cet intérêt. Les agences ukrainiennes ont vu leur fréquentation grimper dans les mois suivant sa diffusion, portées par un public qui découvrait l’ampleur du drame pour la première fois.
La zone d’exclusion et ses lieux emblématiques
La zone des 30 km autour du réacteur n°4 couvre environ 2 200 km² côté ukrainien, selon TF1 Info. Une zone associée de 2 600 km² existe côté biélorusse, formant un ensemble transfrontalier que peu de visiteurs mesurent avant d’y aller.
Prypiat, la ville fantôme
Prypiat concentrait l’essentiel des visites. Cette ville construite pour les employés de la centrale a été évacuée en 1986, entre 48 000 et 49 300 habitants selon les sources. Ses immeubles vides, sa grande roue jamais inaugurée et son école aux couloirs jonchés de masques à gaz en faisaient le point d’orgue de toute excursion.
Le réacteur n°4 et son sarcophage
Le réacteur détruit est recouvert depuis 2016 par le New Safe Confinement, une arche métallique censée contenir la radioactivité pour plusieurs décennies. Les visiteurs pouvaient s’en approcher jusqu’à une distance réglementée, sous la supervision d’un guide agréé.
Au-delà de ces sites principaux, des dizaines de villages abandonnés ponctuent la zone. La forêt y a repris ses droits sur les fermes et les jardins, et la faune. Loups, chevaux de Przewalski, élans — s’y est installée sans opposition humaine.
Comment se déroulait une visite avant la fermeture
Le trajet partait de Kiev, à environ 120 km au sud de la centrale. Il fallait compter 2h à 2h30 de bus pour rejoindre le premier checkpoint, selon Generation Voyage.
Pour visualiser ce que représentait une journée sur place, cette vidéo de Mamytwink documente une incursion dans les zones les plus radioactives du site.
Une journée type démarrait tôt, entre 7h et 8h, pour un retour à Kiev entre 19h et 20h30. Le programme enchaînait les checkpoints, Prypiat, le réacteur et parfois un village abandonné, toujours encadré par un guide agréé fourni par l’agence.
Les démarches administratives n’étaient pas négligeables. Un permis d’accès devait être demandé 14 jours à l’avance, avec passeport et validation préalable par les autorités ukrainiennes. Ce délai surprenait souvent les voyageurs habitués à réserver au dernier moment.
Sécurité et exposition aux radiations
Les niveaux de radioactivité variaient fortement selon les zones. Certains points, comme la Forêt rousse, affichaient des taux bien supérieurs à la moyenne du site, tandis que d’autres secteurs restaient proches du bruit de fond naturel.
- Dosimètre individuel obligatoire pour suivre l’exposition en temps réel
- Tenue couvrante et chaussures fermées imposées sur l’ensemble du parcours
- Masque recommandé dans les zones les plus contaminées, notamment à l’intérieur des bâtiments
L’exposition cumulée sur une journée de visite restait comparable à celle d’un vol transatlantique en avion, selon les opérateurs touristiques. Ce chiffre rassurait la plupart des candidats au voyage, sans pour autant dispenser des précautions.
La zone restait interdite aux mineurs et aux femmes enceintes, quelle que soit la durée du séjour envisagé. Cette restriction, systématique chez tous les tour-opérateurs, ne souffrait aucune exception.
Que va-t-il advenir du tourisme à Tchernobyl
Toute perspective de réouverture dépend directement de l’évolution du conflit en Ukraine. Tant que la région reste sous tension militaire, aucune agence ne peut garantir la sécurité d’un circuit touristique dans la zone.
L’AIEA maintient une surveillance continue du site depuis le début de la guerre, avec des inspecteurs présents par intermittence pour vérifier l’état du sarcophage et des installations de stockage des déchets. Son rôle s’est renforcé après la frappe de février 2025.
Des projets de préservation mémorielle et scientifique continuent d’exister sur le papier, portés par des chercheurs ukrainiens et internationaux. Mais leur mise en œuvre reste suspendue à la fin des hostilités, sans calendrier réaliste à ce stade.
Alternatives pour découvrir Tchernobyl sans y aller
Faute de pouvoir s’y rendre, plusieurs contenus permettent de découvrir la zone sans quitter son canapé. Les documentaires tournés avant 2022 restent la ressource la plus riche, tournés avec un accès complet au site.
Pour un format plus immersif, cette vidéo de Juj’ Urbex propose une exploration détaillée des bâtiments de Prypiat, avec un regard urbex sur les vestiges laissés sur place.
Certains musées consacrés à la catastrophe existent en dehors de la zone, notamment à Kiev, avec des expositions permanentes sur les liquidateurs et l’évacuation de Prypiat. Ces institutions restent accessibles malgré la guerre.
Les témoignages d’anciens guides et les reportages photographiques constituent une dernière ressource précieuse. Ils gardent une trace de ce que représentait visiter Tchernobyl avant que la porte ne se referme, probablement pour de nombreuses années.



