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Points clés à retenir
- Avignon classée 117e sur 119 villes pour la sécurité (Le Dauphiné, 2024)
- Monclar, Saint-Chamand et Reine-Jeanne concentrent le trafic et les tensions
- Sept quartiers classés en zone de sécurité prioritaire en 2022-2023
- Centre historique et Montfavet restent les valeurs sûres pour se loger
- Prix au m² variant de 2 073 € à plus de 3 000 € selon le quartier
Avignon, une ville sûre ou pas ?
J’ai roulé des centaines de fois sur la rocade d’Avignon pour rejoindre mes tables de prédilection en Vaucluse, et la question des quartiers à éviter à Avignon revient sans cesse dans les discussions avec les hôteliers du coin. Les chiffres ne laissent pas beaucoup de place au doute.
Le classement du Dauphiné Libéré publié en 2024 place Avignon 117e sur 119 villes de plus de 50 000 habitants pour la sécurité. Un classement plus récent, celui de Bien dans ma ville pour 2026, va plus loin encore : Avignon y est désignée ville la plus dangereuse du Vaucluse, avec une note de 1,6 sur 5.
La ville compte environ 91 000 habitants pour une aire urbaine qui dépasse les 500 000. Depuis 2013, le préfet du Vaucluse a classé deux quartiers en zone de sécurité prioritaire. En 2022-2023, ce sont sept quartiers qui portent ce statut, en plus du centre-ville, selon les données transmises à l’Assemblée nationale.
Ouvrir l’infographie en grandLes quartiers à éviter à Avignon
Cinq secteurs reviennent systématiquement dans les rapports de police et la presse locale. Ce n’est pas une liste de rumeurs, chaque quartier a son historique et ses raisons précises.
- Monclar : inscrit dès 2005 dans le plan-pilote national de prévention de la délinquance (25 quartiers concernés en France), il a connu plusieurs fusillades ces dernières années, au point que les lignes de bus y ont été déviées en juin 2026.
- La Barbière : habitat dégradé, tensions liées au trafic.
- Saint-Chamand : classé quartier prioritaire de la politique de la ville, régulièrement cité dans les opérations de police.
- Rocade Sud, Croix des Oiseaux et Reine-Jeanne : ces trois zones ont fait l’objet d’un renforcement policier permanent après une opération antidrogue menée à la Reine-Jeanne, annoncée le 14 octobre 2025.
- L’île de la Barthelasse la nuit : peu éclairée, elle concentre des activités illégales une fois le soleil couché.
Pour visualiser ce que recouvre concrètement ce type de quartier, cette vidéo tournée à Saint-Chamand et sur la Sud-Rocade par l’Agence nationale pour la rénovation urbaine montre le travail de restructuration en cours.
Pourquoi ces quartiers posent problème
Le trafic de stupéfiants explique une grande partie des tensions. Les règlements de comptes qui en découlent, parfois armés, ont motivé le retour permanent des CRS annoncé en octobre 2025.
L’habitat dégradé joue aussi un rôle. Des immeubles vétustes, peu entretenus, favorisent un sentiment d’abandon qui nourrit la délinquance. Le classement en quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) traduit cette réalité sur le plan administratif : logements sociaux concentrés, taux de chômage élevé, revenus faibles.
Je ne mets jamais tous ces quartiers dans le même sac. Certains, comme Saint-Chamand, font l’objet de programmes de rénovation urbaine ambitieux. D’autres, comme Monclar, restent marqués par une actualité plus récente et plus violente.
Le centre-ville et l’insécurité perçue
Le cas du centre historique mérite d’être traité à part. Des hôteliers et commerçants installés rue de la République ou près de la place de la Pignotte ont publiquement alerté sur des scènes de deal, de mendicité agressive et de nuisances nocturnes.
La mairie d’Avignon a répondu à ces critiques en rappelant les moyens déployés : vidéoprotection, patrouilles renforcées, présence policière accrue lors du Festival. Ça mérite le détour de nuancer : le centre-ville concentre un sentiment d’insécurité lié à la visibilité de certains comportements, mais il ne figure pas parmi les zones où la criminalité la plus grave se concentre statistiquement.
C’est une distinction que je fais systématiquement dans mes repérages de terrain. Un quartier peut être bruyant et mal éclairé sans être dangereux au sens pénal du terme. À l’inverse, un secteur résidentiel peut sembler calme et cumuler pourtant les faits de trafic.
Où loger ou vivre à Avignon en toute tranquillité
Le centre historique intra-muros reste la valeur sûre pour un séjour ou une installation, malgré le sentiment d’insécurité évoqué plus haut. Les prix y dépassent 3 000 € le mètre carré dans le secteur de La Balance et du Palais des Papes, selon Le Figaro Immobilier.
Montfavet, à l’est de la ville, est une commune associée qui garde un caractère villageois et une bonne desserte. Le secteur Est et la partie résidentielle de la Rocade Sud offrent également un compromis entre calme et accessibilité.
Le prix moyen de l’immobilier ancien à Avignon s’établit à 2 399 €/m² en août 2026, contre 3 387 €/m² dans le neuf. À titre de comparaison, Monclar Nord affiche une moyenne d’environ 2 073 €/m², nettement en dessous du centre. Nestenn, de son côté, mesure une moyenne globale tous types confondus de 2 494 €/m².
Conseils pratiques pour les touristes et nouveaux arrivants
Sans chichi, voici ce que je recommande à qui prépare un séjour ou un déménagement à Avignon.
- Réserver un logement intra-muros ou à Montfavet plutôt que dans les quartiers nord ou ouest de la ville.
- Éviter de traverser seul la Barthelasse après la tombée de la nuit.
- Privilégier les axes éclairés et fréquentés pour rentrer à pied après un dîner tardif.
- Consulter le site de la mairie d’Avignon, qui détaille les dispositifs de vidéoprotection et les contacts de la police municipale.
Ce que disent les habitants et les autorités
Sur les forums, les témoignages divergent selon les quartiers vécus. Certains habitants de Monclar décrivent un quotidien normal en journée, mais une ambiance qui change radicalement le soir. D’autres, installés à Saint-Chamand, saluent les efforts de rénovation urbaine engagés depuis plusieurs années.
La mairie, de son côté, refuse le tableau uniformément noir parfois dressé par la presse nationale. Elle met en avant les investissements de l’ANRU et le renforcement policier obtenu en 2025. C’est simple, c’est bon, c’est honnête de reconnaître les deux faces : des progrès réels sur certains secteurs, des points chauds qui persistent sur d’autres, en particulier autour du trafic de stupéfiants dans le nord de la ville.



