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Points clés à retenir
- Le lait entier est indispensable pour un far moelleux
- Ajouter les pruneaux après repos de la pâte évite qu’ils tombent au fond
- Cuisson à 180°C pendant 45 minutes, four préchauffé
- Un plat en terre cuite diffuse mieux la chaleur qu’un moule en métal
- Le far continue de cuire en refroidissant, ne pas trop le laisser au four
Le far breton, ce gâteau que ma grand-mère préparait sans jamais peser vraiment
Le far breton recette de grand-mère n’est pas un dessert qu’on invente, c’est un dessert qu’on hérite. Chez nous, en Bourgogne comme en Bretagne où j’ai passé des étés entiers, ce gâteau sortait du four les jours de grande tablée, sans notice ni précision au gramme près. Ma grand-mère mesurait à l’œil, au bol, à la sensation de la pâte entre les doigts. C’est simple, c’est bon, c’est honnête, et c’est exactement ce qui manque à beaucoup de recettes trouvées en ligne aujourd’hui, trop techniques pour un plat qui ne demande que du bon sens. Le far trouve ses origines dans le farz forn, une préparation paysanne bretonne du XVIIIe siècle cuite au four du village, faute de four individuel à la ferme. On y mêlait farine, lait et œufs pour nourrir toute une famille avec peu d’ingrédients. Cette histoire explique pourquoi le far breton reste avant tout un plat de partage, pensé pour un grand plat familial et non pour des ramequins individuels. On ne vient pas ici pour épater la galerie avec un dressage sophistiqué, on vient pour retrouver un goût d’enfance.
Les ingrédients pour un far breton authentique
La liste d’ingrédients d’un vrai far breton tient sur un coin de table, et c’est justement ce qui en fait la force. Pas de poudre à lever, pas de crème, juste l’essentiel travaillé avec soin.
Version nature
Pour un far nature classique, il faut compter 250 g de farine, 150 g de sucre, 4 œufs entiers, 1 litre de lait entier et une pincée de sel. Certaines grands-mères ajoutent une cuillère à soupe de beurre fondu dans la pâte, d’autres se contentent de beurrer généreusement le plat.
Le lait entier n’est pas un détail cosmétique. Il apporte le gras nécessaire à la texture fondante, alors qu’un lait demi-écrémé donne un far plus sec, presque caoutchouteux à la découpe.
Version aux pruneaux
La version far breton aux pruneaux reste la plus demandée, celle qui rappelle le plus les grands repas dominicaux. On garde la même base et on ajoute 200 g de pruneaux dénoyautés, idéalement trempés une nuit dans du thé tiède ou un peu de rhum ambré. Ce trempage n’est pas obligatoire, mais il évite que les fruits ne durcissent à la cuisson et parfume discrètement toute la pâte. C’est ce genre d’endroit qu’on ne trouve plus facilement dans les recettes pressées d’aujourd’hui, cette attention aux petits gestes qui changent tout.
| Ingrédient | Far nature | Far aux pruneaux |
|---|---|---|
| Farine | 250 g | 250 g |
| Sucre | 150 g | 150 g |
| Œufs | 4 | 4 |
| Lait entier | 1 L | 1 L |
| Pruneaux | — | 200 g |
| Rhum (facultatif) | — | 2 c. à soupe |
La recette étape par étape
Rien de compliqué ici, mais un ordre à respecter pour éviter les grumeaux et une cuisson ratée. Je détaille chaque étape comme je l’ai apprise, sans raccourci.
Préparation de la pâte
Dans un grand saladier, mélangez la farine et le sucre, puis creusez un puits au centre. Cassez les œufs un à un en fouettant à chaque ajout, jusqu’à obtenir une pâte lisse et un peu épaisse. Versez ensuite le lait petit à petit, sans jamais arrêter de fouetter. Cette étape évite les grumeaux mieux que n’importe quel coup de mixeur donné après coup. Laissez reposer la pâte 15 minutes avant d’ajouter les pruneaux égouttés, s’il y en a.
Cuisson et astuces de four
Beurrez généreusement un plat à gratin ou un moule à manqué, versez la pâte, puis enfournez à 180°C pour 45 minutes environ, four préchauffé. La croûte doit dorer sans noircir, et le centre rester légèrement tremblotant à la sortie du four. Le far continue de prendre en refroidissant, alors ne le laissez pas trop longtemps si vous voulez garder ce cœur fondant qui fait toute sa réputation. La carte parle d’elle-même quand on compare un far cuit à cœur et un far encore un peu tremblotant, le second gagne toujours.
Les secrets de grand-mère pour un far breton parfait
Le premier secret tient dans la répartition des pruneaux. Si vous les ajoutez trop tôt dans une pâte encore liquide, ils tombent tous au fond pendant la cuisson. Ma grand-mère attendait toujours que la pâte ait un peu reposé et légèrement épaissi avant de les incorporer, en les répartissant à la cuillère plutôt qu’en les versant en une fois. Le deuxième secret concerne la texture finale. Un far trop compact vient presque toujours d’un excès de farine ou d’une cuisson trop longue à température trop basse. Mieux vaut une cuisson franche à 180°C qu’un four tiède prolongé, qui assèche la pâte sans jamais la cuire. Enfin, le moule compte plus qu’on ne le pense. Un plat en terre cuite ou en verre diffuse la chaleur plus doucement qu’un moule en métal fin, et donne un far plus régulier, sans bord brûlé ni centre cru. Ça mérite le détour de changer de plat si le vôtre donne toujours des résultats inégaux.
Pour visualiser ces gestes, la chaîne Hervé Cuisine détaille pas à pas la réalisation du far breton aux pruneaux de sa maman.
Les variantes traditionnelles
Au-delà des pruneaux, plusieurs familles bretonnes déclinent le far selon les saisons et les stocks du garde-manger. Ces variantes restent fidèles à l’esprit du plat d’origine, celui d’un dessert fait avec ce qu’on a sous la main.
La version aux pommes remplace les pruneaux par des quartiers de pomme légèrement revenus au beurre, pour un far plus léger et acidulé. Certains y ajoutent une pointe de cannelle, même si ce n’est pas dans la tradition la plus stricte.
Les raisins secs constituent une alternative plus rapide, sans trempage nécessaire, souvent utilisée quand on manque de temps un dimanche matin. Le rhum, enfin, peut aussi bien parfumer les pruneaux que la pâte elle-même, à raison de deux cuillères à soupe pour ne pas masquer le goût du lait et des œufs.
Questions fréquentes sur le far breton
Pourquoi le far breton est-il trop compact ?
Un far trop compact vient généralement d’un excès de farine par rapport au lait, ou d’une cuisson trop longue à basse température qui assèche la pâte au lieu de la figer en douceur. Respecter les proportions et une cuisson à 180°C pendant 45 minutes évite ce problème.
Faut-il utiliser du lait entier ?
Oui, le lait entier apporte le gras nécessaire à la texture fondante du far. Un lait demi-écrémé donne un résultat plus sec et moins moelleux, ce qui change le rendu final du gâteau.
Pourquoi les pruneaux tombent-ils au fond ?
Les pruneaux tombent au fond quand ils sont ajoutés trop tôt dans une pâte encore trop liquide. Il vaut mieux laisser reposer la pâte 15 minutes avant de les incorporer, en les répartissant à la cuillère.
Quelle est la différence entre far breton et clafoutis ?
Le far breton contient plus de farine que le clafoutis, ce qui lui donne une texture plus dense et plus proche du flan que du gâteau aéré. Le clafoutis, traditionnellement aux cerises, garde une pâte plus fine et plus légère à la découpe.



